En 2023, atlantic’eau s’est engagé à distribuer, au vu de l’état des connaissances, une eau répondant aux enjeux de santé publique ne dépassant pas la norme de 0,10 µg/l pour tout pesticide et ses métabolites qu’ils soient classés « pertinents » ou « non pertinents ».

Atlantic’eau vient d’adopter à l’unanimité une décision actant le traitement du chlorothalonil R471811, métabolite de pesticide présent dans la majorité des eaux sur le territoire. Dans un premier temps, un coût de traitement supplémentaire de 1,3 millions d’euros par an sera engagé pour respecter le seuil de 0,10 µg/l en eau traitée pour ce paramètre sur la majorité de nos ressources. Une dépense complémentaire estimée entre 300 000 et 400 000 € sera nécessaire pour couvrir l’ensemble de nos ressources.

Cette décision, qui implique un engagement financier important, relève d’un choix mûri et assumé par les élus après plusieurs mois d’études et de réflexion sur les modalités de mise en œuvre, au regard de l’état des ressources, de la capacité de traitement mais aussi des enjeux de santé publique.

 

Qu’est-ce que le chlorothalonil R471811 ?

Le chlorothalonil R471811 est un métabolite issu de la dégradation du chlorothalonil. Le chlorothalonil est utilisé depuis 1969 comme fongicide sur de nombreuses cultures : blé, seigle, orge, pommes de terre, tomates…. Son utilisation est interdite en France depuis le 20 mai 2020.

 

Près de 490 000 habitants concernés par la présence de chlorothalonil R471811

Alerté par la présence des métabolites du chlorothalonil dans les captages d’eau potable en Suisse, atlantic’eau a décidé de mener des recherches complémentaires sur son territoire dès 2023, au-delà des contrôles imposés par la réglementation. Conformément à son engagement de transparence, atlantic’eau a souhaité informer rapidement sa population de la présence de chlorothalonil R471811 dans ses eaux. En cela, atlantic’eau fait partie des premières collectivités à avoir communiqué ses résultats dès avril 2023.

En France, pour les métabolites de pesticide « pertinents1 pour les eaux de consommation humaine », tels que le chlorothalonil R471811, la limite de qualité à ne pas dépasser dans l’eau potable est fixée à 0,10 µg/l par substance. Il a été mis en évidence des dépassements de cette valeur sur plusieurs unités de production du territoire d’atlantic’eau (taux en fonction des laboratoires en µg/l).

 

Résultats d’analyse de la présence du chlorothalonil R471811 dans les eaux traitées sur le territoire d’atlantic’eau en µg/l

   Campagne du 15/02/2024  
Basse-Goulaine*0,11
Ancenis0,11
Nort-sur-Erdre0,27
Saffré**0,27
Saint-Mars-du-Désert**0,24
Machecoul<0,05
Saint-Michel-Chef-Chef0,055
Massérac<0,05
Soulvache<0,05
Saint-Gildas-Des-Bois<0,05
  
Dépassement de la limite de qualité de 0,10 µg/l
Respect de limite de qualité

Les dépassements constatés sur plusieurs sites de production d’eau potable du territoire restent cependant très inférieurs à la valeur sanitaire transitoire (VST) fixée à 3 µg/l. Cette VST constitue un seuil en-dessous duquel l’eau peut être distribuée sans risque pour la santé du consommateur.

* Eau produite par le SAEP Vignoble-Grandlieu et distribuée par atlantic’eau.
** Etude en cours pour mise en place d’un dispositif supplétif de traitement afin de garantir le respect de la limite de qualité de 0,10 µg/l.

 

1Selon l'ANSES, un métabolite de pesticide est « pertinent » pour les eaux destinées à la consommation humaine, « dès lors qu’il y a lieu de considérer qu’il pourrait engendrer (lui-même ou ses produits de transformation) un risque inacceptable pour le consommateur ».

 

Quel traitement pour le chlorothalonil R471811 ?

En 2016, un autre métabolite de pesticide, l’ESA-métolachlore, était découvert dans les eaux traitées sur le territoire d’atlantic’eau. A Nort-sur-Erdre et à Massérac, ce métabolite dépassait alors régulièrement la limite de qualité de 0,10 µg/l. Depuis, atlantic’eau a adapté la filière de traitement de ces unités afin de respecter la norme.

On observe que le traitement au charbon actif à grain mis en place pour éliminer l’ESA-métolachlore a également un effet sur le chlorothalonil R471811. L’augmentation de la fréquence de renouvellement du charbon actif à grain est donc la piste retenue par atlantic’eau pour abattre efficacement le chlorothalonil R471811. La fréquence de renouvellement sera à adapter pour chaque unité de traitement.


Atlantic’eau mobilisé pour la protection de ses ressources

Le programme de recherche et développement mis en place par atlantic’eau pour analyser la qualité de l’eau sur son territoire a pour objectif de répondre aux enjeux de santé publique, de mieux anticiper les normes et de favoriser des mesures de préventions pertinentes.

Cependant, l’amélioration des connaissances et des méthodes d’analyses ont montré une accélération de la découverte de nouvelles molécules ces dernières années partout en France (Esa-Métolachlore, R471811, PFAS ou polluants éternels même si les résultats des analyses réalisées par atlantic’eau sont très rassurants pour ce dernier paramètre sur le territoire). Il s’agit parfois de molécules issues de pesticides dont l’utilisation est interdite depuis plusieurs années, comme c’est le cas pour le chlorothalonil. Dans ce cas, la mise en place d’une nouvelle filière de traitement de l’eau reste le dernier recours, mais cette solution est très coûteuse, avec le risque de se confronter à une impasse technique.

Face à ce constat et dans la continuité de la motion adoptée à l’unanimité par le comité syndical en 2021, les élus d’atlantic’eau réaffirment leur détermination à exiger l’interdiction des pesticides sur les aires d’alimentation des captages d’eau potable afin de véritablement protéger les consommateurs.